Enfants de la campagne

Noël du Limousin

Enfants de la campagne,
La Divinité
A pris pour sa compagne
Notre humanité,
Pour réparer l'outrage
De l'homme, son ouvrage,
Qui alors qu'il lui devait l'hommage,
Se révolta.

Petit Noël tant aimable,
Nous avons recours à vous.
Montrez-vous charitable
Ayez pitié de nous.


Dieu soumis à la peine
Adam malheureux.
Il le lia avec une chaîne
Que nous traînerons tous.
Tant que nous sommes sur la terre,
Tout est peine et misère;
Le ciel est en colère.
Jésus sauvez-nous !

Dieu, notre tant bon père,
N'est pas coléreux.
Il dit à l'homme : espère.
Je veux me faire petit enfant.
Je veux, avec mes deux petites mains,
Pour toi briser les portes
Si dures et si fortes
De l'Enfer affreux.

Trois rois se rencontrèrent
Dans une grande perplexité,
Quand tout à coup ils aperçurent
Dans le firmament
Une étoile sereine
Qui les tira de peine.
Ils la suivent, elle les emmène
Droit à Bethléem.

Ils trouvèrent dans l'étable,
Sur un peu de foin,
Un enfant misérable
Qui pleurait et avait froid.
Un âne l'abritait
Le bœuf le réchauffait.
Jésus les regardait;
Ils lui faisait du bien.

Tous trois s'agenouillèrent
Fort dévotement
Et tous trois présentèrent
Chacun leur présent.
La Vierge regardait
Et doucement écoutait.
Ce qu'ils disaient
Elle gardait dans son cœur content.

Bel enfant tant aimable,
Je voudrais embrasser
Votre misérable berceau,
Mais je n'ose pas.
Mon âme est tachée,
Le péché l'a souillée;
Elle sera purifiée
Quand je l'aurai touché.