Golenot et Golenotte

Noël traditionnel Franc-comtois

Les couplets alterne Golenette (femme) et Golenot (homme).


Golenot, qu'est-ce que vous avez ?
Vous paraissez tout chagrin,
Et vous vous grattez la tête.
Ne vous portez-vous pas bien ?
Allez trouver le compère,
Buvez avec lui une pinte,
Vous parlerez de la guerre,
Du généreux Lustucru.

Femme, tu ne t'inquiètes guère de voir
Quel bout va le premier;
Je me moque bien des guerres,
Car je ne suis pas guerrier;
Ce n'est pas ce qui m'afflige
Et cause mon chagrin;
Un malheur plus grand m'oblige
A m'aller mettre au lit.

Vous avez bien moins qu'un lièvre
Et de cervelle et d'esprit,
Vous prendrez une bonne fièvre,
Vous vous ferez mourir;
Si vous tombez malade,
Il faudra vous soulager
Mettre en vente le ménage
Pour payer les médecins.

Je voudrais déjà, ma femme
Être mort et enterré;
Le chagrin me tient dans l'âme,
Je ne peux respirer,
Quand je pense à la peine
Qu'il nous faudra supporter
Jusqu'à l'automne prochain,
Que faut-il que nous mangions ?

On dirait à vous entendre,
Que vous n'avez point de pain,
Et qu'il n'y a dans votre chambre
Ni farine, ni levain;
Nous avons ce qu'il faut pour en faire;
Le bon Dieu nous aidera,
Travaillons toujours la terre,
Il nous récompensera.

Je n'ai pas trop bon courage
Pour m'en aller travailler,
Ni pour faire mon ouvrage,
Toute l'année labourer la vigne,
Creuser des fosses, lier, tailler,
Se lever de grand matin,
User vêtements, outils, souliers;
Après cela point de vin.

Vous êtes un entêté
Et vous ne prenez pas en considération
Que le bon Dieu qui est le maître,
Golenot ne le veut pas.
Ce sont peut-être nos offenses
Qui attirent tous ces malheurs,
On a trop fait de bombances,
Il nous punit, c'est bien sûr.