Une jeune fille

Eune jeune baisselle, Noël traditionnel de Lorrain...

Une jeune fille
De bons parents
Qui fut toujours pucelle
De son vivant
Disant un jour
Ses patenôtres en sa chambre
Vit un ange descendre
De la part de notre Seigneur.

Elle fut toute troublée
Du premier coup
De voir sans compagnie
Quelqu'un qui frappait
Qui paraissait beau
Et répandant la lumière en sa marche
Encore plus que ne brille
Le soleil quand il est levé.

Car parler à aucun homme
Ni à aucun garçon
Toute seule elle ne voulait pas
Dans sa maison
Voilà donc pourquoi
Elle est toute épouvantée
D'une pareille entrée
Dans son cabinet.

Enfin elle revint à elle
Un peu après
Qu'elle eut ouï l'affaire
De cet ange
De dessus ses genoux
Elle lève un peu la tête
Pour entendre le remède
Qu'apportait le sauveur.

L'ange plein d'éloquence
Fait compliment
Avec la révérence
Bien humblement
Disant bonjour
Mère pleine de grâce
Dieu que vient en votre race
Soit toujours avec vous.

Il m'envoie vous dire
De vous préparer
Pour son fils qui est notre Seigneur
Qui veut entrer
Tout à fait en vous
Pour que vous lui serviez de mère
Quand il viendra sur la terre
Dont il sera le sauveur.

Le temps des prophéties
Est accompli
Car voici le messie
Qui était promis
Au monde, afin
De vider la querelle
Entre l'enfant rebelle
Et son père divin.

Et pour pareille affaire
Que fallait-il ?
Une fille qui puisse plaire
A ce grand roi
Pour lui servir
De mère et qui soit vierge
Et encore la plus belle
De tout le pays.

La voilà épouvantée
Dès qu'elle apprend
Qu'il faut qu'elle soit
En peu de temps
Mère, parce qu'elle
Voulait mourir vierge
Et qu'elle s'était promise
Au bon Dieu qui est là-haut.

Mais l'ange lui assure
Que le Saint-Esprit
En avait pris les mesures
Et (avait) entrepris cette affaire
Que jamais sur la terre
L'enfant n'aurait de père
Ce qui la consola fort.

Que quand il serait au monde
On l'appellerait
Jésus qui ferait l'aumône
Comme un bon roi
Aux pauvres gens
Qui auraient perdu la grâce
En suivant les mauvaise traces
De leur père Adam.

Que cela soit, j'y consens
O Gabriel
Si je suis digne et convenable
A l'éternel
Oh le bon mot
Oh la douce parole
Qui nous remet au rang
Des enfants bienheureux.

Voilà, dit-elle, la demoiselle
Du roi qui viendra,
Je lui serai toujours loyale
Tant qu'il vivra,
Et (tout) aussitôt
Jésus fait son entrée
En sa mère sacrée
Vierge comme elle était.

Cela fait le mariage
Qui était promis
Dans notre pauvre race
Le voilà mis
Dieu, demeurez
Dans notre cœur et notre âme
Nous n'aurons plus d'alarme
À cause de ce laid démon.